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Le bénévole du mois
Interview

Le bénévole du mois

Publié le 5 juil. 2022
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Le bénévole du mois Hippodrome de la Réole

Le bénévole du mois

Bernard BOUCHON, récemment élu Président de la société des courses, joue un rôle majeur pour assurer la pérennité de l'association en charge d'organiser les courses hippiques sur l'Hippodrome de La Réole. Figure du tissu associatif local et défenseur de la ruralité, le Président nous exprime, à travers cet interview, toute sa motivation à mobiliser une équipe de bénévoles et l'importance de conserver le maillage des hippodromes.

  • Quel a été votre leitmotiv pour devenir bénévole et plus précisément Président de la société des courses de la Réole ?

    Je suis engagé depuis des décennies dans le monde du cheval avec des responsabilités techniques diverses. Membre de la société hippique depuis longtemps dans le sillage de mon prédécesseur Christian CLEMENÇON, je ne pouvais pas à l'annonce du départ de ce dernier, me résoudre à voir disparaître la société des courses. Elle est en effet séculaire et contribue à sa manière à la renommée de La Réole. Il m'a fallu rassembler quelques amis pour former un nouveau bureau et assurer la continuité et ainsi maintenir notre journée sur le site de Mijema.
     
    Bernard BOUCHON Président Hippodrome La Réole
    Bernard BOUCHON (au centre), Président de la société des courses de La Réole
  • Comment mobiliser et motiver une équipe de bénévoles pour une unique réunion hippique annuelle ? Est-ce plus difficile ?

    C'est peut-être plus facile de motiver quelques bénévoles pour une date unique que pour un effort régulier et répétitif.  Si on les respecte et si on distribue les tâches de manière appropriée à leur motivation et leur engagement, il est possible de conserver une équipe convenable pour réussir une journée de courses.
     
  • En comparaison avec les autres secteurs associatifs, quels sont, selon vous vos points forts mais également vos points faibles ?

    Le point fort c'est que la journée des courses à La Réole s'inscrit dans une longue tradition  et donc les bénévoles connaissent les limites de leur engagement ainsi que le rôle qu'ils ont à jouer. Par contre il faut savoir entretenir l'esprit de groupe durant l'année ce qui n'est pas toujours facile car les objectifs ne sont pas aisés à trouver.
     
  • En tant que bénévole à la tête d’une société de courses, quelles sont vos attentes vis-à-vis de l’Institution des courses hippiques ?

    Les Institutions des courses hippiques doivent sécuriser les bénévoles en leur apportant une garantie financière minimum d'organisation. Elles doivent jouer la carte de la proximité surtout dans les secteurs ruraux en soutenant les organisateurs par des propositions d'animations en direction des familles et du grand public. Il faut que les jours de courses soient des jours de fête autour du cheval en général.
     
    La piste de l'Hippodrome de La Réole
    Une piste en herbe de 900 mètres dédiée aux trotteurs
  • Le bénévolat c’est transmettre sa passion auprès du public mais également auprès des nouveaux bénévoles, comment se traduit cette transmission sur votre hippodrome ?

    C'est extrêmement difficile car les bénévoles ne peuvent pas à la fois gérer l'organisation matérielle et le relationnel avec le public. Il nous faudrait peut-être un stand tout prêt avec des moyens matériels pour participer hors du jour des courses à des forums ou des rencontres associatives locales.
     
  • Au sein d’une petite commune comme La Réole (4500 habitants), comment est perçue la société de courses par les autres structures associatives ? Par votre collectivité locale et ses élus ?

    Nous voulons éviter à tout prix que la société des courses soit considérée comme une "pompe à fric" via le fait qu'il y aurait la manne du PMU. La collectivité locale le comprend et nous soutient et des élus sont membres engagés dans notre structure. Certaines autres associations vivent toujours sur le concept d'une société n'ayant que peu d'activités et sans soucis financiers. Ce qui doit être modifié. Nous participons comme elles au lien social le jour de la manifestation.
     
  • Pour garantir la longévité de l’engagement des bénévoles, le maître-mot doit être le « plaisir », de quelle manière cet adjectif prend forme au sein de votre société des courses ?

    En partageant des moments conviviaux, notamment à travers la journée nationale des bénévoles et en essayant de maintenir tout au long de l'année des rendez-vous détendus avec d'autres associations.
     
    Bénévolat Hippodrome La Réole
    Plusieurs femmes sont des membres actifs de l'association des courses de La Réole
  • On constate un vieillissement de l’effectif des bénévoles, comment intéresser les nouvelles générations à notre activité ? Faut-il s’ouvrir davantage ?

    Ce n'est pas spécifique au milieu hippique. La crise de la pandémie va aggraver les difficultés associatives avec une méfiance pour l'action commune et le retrait de justement quelques bénévoles âgés. Par le relationnel et surtout la démonstration que l'engagement n'est pas excessif pour une journée, nous pouvons espérer retrouver un nombre de sociétaires convenables.
     
  • Selon vous, les socioprofessionnels sont-ils suffisamment informés sur le statut associatif des hippodromes et de l’engagement des bénévoles pour leur offrir les meilleures conditions possibles afin qu’ils puissent exercer leur métier ? Constatez-vous un manque de reconnaissance ?

    Non. C'est un constat chez nous mais aussi ailleurs. Ils traversent des difficultés liées à la crise sanitaire. Ce n'est pas forcément un manque de reconnaissance de leur part ou de l'indifférence mais simplement le poids de leurs soucis qui les empêchent d'être plus près des bénévoles. Comme nous nous adressons aux plus modestes d'entre eux les relations sont parfois distendues.
     
  • Le mot de la fin ?

    Une société de la taille de la nôtre aurait bien besoin d'un soutien dans le domaine de la communication avant et après les courses. Notre budget ne nous permet pas de publicité ou de relais médiatique généraliste. Il faut nous soutenir vis-à-vis du grand public car si les petites organisations tombent surtout dans des villes comme La Réole ce sera encore une fois un abandon des territoires ruraux avec une recentralisation croissante de toutes les activités hippiques. Même modeste notre société des courses reste indispensable au monde du cheval.
Hippodrome de Mijéma
Depuis 1876, les traditionnelles courses hippiques de l'Ascension sont organisées sur l'hippodrome de Mijéma