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Jeu responsable
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Jeu responsable

Publié le 6 sep. 2022
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Parce que le jeu doit rester un plaisir, chaque année la Fédération Nationale des Courses Hippiques soumet, pour le compte de l’ensemble des sociétés de courses françaises, un plan annuel à l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) en vue de favoriser une pratique raisonnable du jeu sur hippodrome.

Dans le cadre de cette démarche, une sensibilisation à la problématique du jeu d'argent pathologique a été réalisée auprès des référents pari mutuel hippodrome au sein des sociétés de courses, en partenariat avec l’Institut Fédératif des Addictions Comportementales (IFAC).

Elodie HUREL, Doctorante Psychologue-Neuropsychologue à l’IFAC et Pascal TEILLEUX, Président de la société des courses de la Ferté-Vidame, reviennent sur les intérêts de cette formation :
 

  • Les sociétés de courses ont suivi une sensibilisation sur la problématique du jeu d’argent pathologique, quels étaient les objectifs de cette formation ?

E.H : Les objectifs étaient de sensibiliser les référents des sociétés de courses à la problématique du jeu d'argent pathologique, approfondir leurs connaissances en matière d’addiction compulsive et donner des repères pour comprendre la différence entre un joueur récréatif et un joueur excessif. Nous avons également illustré les caractéristiques d'une pratique pathologique chez un parieur hippique grâce à une illustration clinique recueillie au CHU de Nantes.

  • Plus particulièrement, sur quelle partie de la formation avez-vous ressenti un vif intérêt des participants ?

E.H : Les participants étaient surtout intéressés pour apprendre à faire la différence entre une pratique problématique et une pratique de loisir. Par ailleurs, beaucoup de questions ont émergé pour savoir comment réagir et communiquer lorsque l'on est confronté à une personne en difficulté.

  • En France combien de personnes sont concernées par le jeu pathologique ? Spécifiquement aux courses hippiques ?

E.H : Parmi les joueurs, 6% d'entre eux auraient des pratiques problématiques, ce qui représente environ 1 million de personnes. Pour les paris hippiques, la prévalence de joueurs problématiques se situerait entre 4 à 6%, en comparaison, cela représente une prévalence 4 à 6 fois plus élevée que pour les jeux de loterie. Ces informations sont disponibles sur le site de l'observatoire français des drogues et des tendances addictives : https://www.ofdt.fr/publications/collections/periodiques/lettre-tendances/les-francais-et-les-jeux-dargent-et-de-hasard-resultats-du-barometre-de-sante-publique-france-2019-tendances-138-juin-2020/

  • Quels sont les signes d’alerte permettant de repérer un joueur en difficulté ?

E.H : La perte de contrôle sur le comportement de jeu est un indice important témoignant de difficultés. Cela peut se traduire par une augmentation des sommes misées ou encore de la fréquence de jeu. Le comportement de chasing (fait de retourner jouer dans le but de regagner l'argent perdu) est aussi une caractéristique importante de l'addiction aux jeux de hasard et d'argent. Le joueur peut aussi être irritable en cas d'impossibilité de jouer, agressif pendant les périodes de jeu et triste lors de pertes d'argent.

  • Comment intervenir et vers qui les orienter pour une prise en charge ?

E.H : Premièrement c’est une situation complexe d'être confronté à ce genre de situation. Il est essentiel de rester bienveillant et faire comprendre aux joueurs que l'on est disponible et à l'écoute, sans forcément chercher à être intrusif. Il est important de ne pas avoir un comportement moralisateur et de ne pas rassurer faussement la personne sur une future espérance de gains. Il est tout à fait possible de rappeler que l'addiction est une maladie, que des médecins sont spécialisés dans la prise en charge de ces troubles et qu'il existe des sites internet ou numéros de téléphone qui permettront d'obtenir de l'aide ou des réponses :
Joueurs Info Service ou IFAC

  • Quels conseils donneriez-vous pour que le jeu reste récréatif ?

E.H : Pour garder une maîtrise de votre jeu, il est important de se fixer des limites (de temps, d'argent ou de fréquence), et de ne pas jouer si vous présentez une vulnérabilité psychologique. Enfin, il est aussi intéressant d'expérimenter une pause dans la pratique. En effet, quelle que soit la fréquence de jeu habituelle, il est possible de faire une journée, une semaine, ou un mois d’interruption pour garder le contrôle sur les habitudes.
 

FNCH jeu responsable
La lutte contre l'addiction et le jeu excessif est une priorité de la Fédération Nationale des Courses Hippiques


Pascal TEILLEUX, Président de la société des courses de la Ferté-Vidame, nous précise les bénéfices de cette formation en tant qu'organisateur de courses hippiques :

  • Président, lors de cette sensibilisation, avez-vous acquis de nouvelles compétences ? Est-ce que cela a changé votre perception des joueurs addictifs aux jeux d’argent ?

P.T : La problématique du jeu d’argent pathologique m’était familière mais au cours de cette sensibilisation, j'ai mieux compris la pathologie de l’addiction et cela m'a permis de revoir ma perception des joueurs addictifs aux jeux d'argent. J’étais très sensibilisé à la question de l’interdiction du jeu des mineurs, moins à celle de l’addiction.

  • En tant que Président d’une société de courses, vous êtes confronté au public le jour des courses et plus particulièrement aux parieurs, que vous a apporté la formation ?

P.T : Notre rôle est d’offrir aux visiteurs et aux parieurs, les meilleures conditions possibles, notamment pour la prise de paris hippiques. Effectivement à travers cette formation proposée par l’IFAC, cela me permet d'être mieux armé pour promouvoir le pari tout en étant vigilant à une pratique récréative et raisonnée et à repérer et accompagner un joueur en difficulté. De plus, nous avons pu partager entre hippodromes nos expériences respectives et c’est essentiel pour perfectionner nos connaissances de la problématique du jeu d’argent pathologique.

  • Sur hippodrome, quels sont vos moyens pour garantir au maximum un jeu responsable et la protection des mineurs ?

P.T : Les moyens de prévention sont multiples, en premier lieu avec un affichage spécifique sur nos supports d’informations, par le biais des guichetiers du Pari Mutuel Hippodrome et une observation attentive pour éventuellement repérer les mineurs et garantir un jeu responsable. Les membres de notre association sont également sensibilisés à cette problématique et peuvent le cas échéant intervenir auprès d’une personne présentant les signes d’une pratique pathologique : nous avons mieux compris grâce à la formation comment intervenir dans un tel cas, quelle approche privilégier et quelles erreurs ne pas commettre.


En partenariat avec l’Autorité Nationale des Jeux et avec le soutien des associations spécialisées dans l’assistance aux joueurs, l’objectif de la Fédération Nationale des Courses Hippiques et des sociétés de courses régionales est que le pari hippique sur hippodrome retrouve une équation économique équilibrée, dans une cohabitation maîtrisée avec la découverte des courses hippiques ouverte à tous les publics et avec le souci permanent de la protection du joueur et du contrôle des transactions.