PegaseBuzz en immersion à l’Etrier de Granlieu, haut lieu de la reconversion
Bien être équin

PegaseBuzz en immersion à l’Etrier de Granlieu, haut lieu de la reconversion

Publié le 15 sep. 2021
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Etrier de Granlieu

La vie après les courses

Au printemps dernier, Roxanne LEGENDRE est partie à la rencontre de Martial DELUMEAU et Nicolas DALOUS à l’Etrier de Granlieu. Son reportage, diffusé sur les réseaux sociaux PegaseBuzz - média engagé ayant pour thématique principale le cheval durable et contemporain, a donné un joli coup de projecteur à ce havre de paix implanté à proximité de Nantes, sur une vingtaine d’hectares.

Pour la newsletter #RaceAndCare, Nicolas DALOUS revient sur la genèse de son écurie de propriétaires et sur l’impact grandissant de la reconversion sur l’activité de l’entreprise qu’il dirige avec Martial DELUMEAU.
Lorsqu’ils ont repris l’Etrier de Granlieu, en août 2019, Nicolas DALOUS et Martial DELUMEAU avaient déjà en tête de faire évoluer cette écurie de propriétaires, installée à Saint-Colomban (44), en un site spécialisé dans la reconversion de chevaux de course.
 

Martial DELUMEAU
Martial DELUMEAU - Cavalier de concours complet


La mécanique est bien huilée : Martial travaille les équidés, Nicolas gère toute la logistique. « Je m’occupe des tâches administratives, de l’entretien et du transport car j’ai une formation de transporteur de chevaux, explique l’intéressé. A l’origine, je travaillais dans la restauration avant de devenir chauffeur taxi. Dans ma jeunesse, j’ai pratiqué l’équitation pendant 10 ans, au Haras de Jardy dans les Hauts-de-Seine, mais je suis toujours resté un cavalier lambda (rires) ! Martial, lui, baigne depuis son enfance dans le milieu du cheval. Il a obtenu un Bac Pro CGEH (NDLR : Conduite et Gestion de l’Entreprise Hippique) et passe le clair de son temps au contact des chevaux, pour la reconversion et également en concours puisqu’il évolue dans les épreuves de Pro 4 en complet. »

L’Etrier de Granlieu, où stationnent actuellement 42 chevaux, propose tout un ensemble de services, allant de l’encadrement à la vente d’équidés en passant par les stages d’équitation, les concours, les balades et randonnées ou encore les pensions, en plein essor.  

« Nous mélangeons nos propres chevaux avec ceux des propriétaires et ceux destinés à la reconversion, explique Nicolas Dalous. Mais comme nous commencions à manquer d’espace, nous avons ouvert un deuxième site, en janvier 2021, à 10 minutes de chez nous, avec 9 chevaux en pension. Il s’agit exclusivement de chevaux de course en activité envoyés par leurs entourages pour se ressourcer. C’est particulièrement utile pour les entraîneurs qui n’ont pas la place suffisante dans leurs écuries. En outre, le fait que les chevaux puissent se reposer, au pré, c’est en parfaite adéquation avec le bien-être équin. Il est d’ailleurs intéressant de constater que de plus en plus de professionnels prennent conscience de ce réel besoin pour l’animal. »

 

Etrier Granlieu
Etrier de Granlieu situé en Loire Atlantique


Épaulés par Gaëlle et Elodie, qui les assistent au quotidien dans leurs tâches respectives, Nicolas et Martial ont donc fait de la reconversion des chevaux de course leur dada :
« Cette thématique tient tout particulièrement à cœur à Martial, qui monte des pur-sang depuis son plus jeune âge. Il leur fait confiance, les travaille en douceur et les faits lui donnent raison car oui, on trouve de nouvelles familles à ces chevaux, pour faire du sport et du loisir. Certains partent même chez des cavaliers de renom, qui s’intéressent de plus en plus au pur-sang… »

Quand on lui demande quel est le secret de la recette de l’Etrier de Granlieu, Nicolas DALOUS répond qu’il n’y a justement pas de recette miracle. « On offre du temps au cheval pour s’acclimater, analyse-t-il. Nous avons par exemple une jument qui est là depuis un an et qui sera bientôt prête. Le travail dépend des capacités propres à chaque nouvel arrivant. Il est rarissime que nous arrivions à atteindre notre objectif en moins de 3 mois. Prendre le temps, c’est déterminant et dans cet exercice, douceur et écoute sont les maîtres-mots. Depuis que nous nous sommes lancés dans cette activité, nous n’avons eu qu’un seul retour.Le bilan est donc très positif. »

Il marque une pause avant d’enchaîner : « Le reportage réalisé par Roxanne a d’ailleurs contribué à mettre en avant notre savoir-faire. Dans les trois semaines qui ont suivi sa diffusion, nous avons gagné plus de 800 abonnés rien que sur Facebook, avec une très forte hausse de fréquentation sur notre site web. C’est d’autant plus encourageant que particuliers et professionnels nous ont contactés pour saluer le travail accompli en matière de reconversion. »


Bénéficiant depuis maintenant deux ans de l’accréditation d’Au-delà des Pistes, l’Etrier de Granlieu compte parmi ses chevaux reconvertis d’anciennes gloires des champs de courses : « Saint Macaire, champion de cross-country (NDLR : 12 victoires, 15 podiums et plus d’un demi-million d’euros de gains en compétition) entraîné par Guillaume MACAIRE, a sa propre cavalière, Noémie, qui s’occupe de lui depuis maintenant trois ans. Il y a aussi Conan Doyle, autre sauteur réputé ou encore Wallace Blackeagle que nous a confié Gabriel LENDEERS. Il arrive parfois que l’on ait un véritable coup de cœur, comme avec Sikandari. Cet élève de Son Altesse AGA KHAN sortait de blessure quand il est arrivé chez nous. Il a intégré mon piquet de chevaux et les liens que j’ai créés avec lui, quand je le travaillais à pied, ont été tels que j’ai décidé de le garder. Sikandari ne repartira jamais. » 
 

SIKANDARI
SIKANDARI - Galopeur Hongre de 7 ans


3 questions à… Roxanne LEGENDRE, fondatrice de PegaseBuzz Médias et consultante en communication digitale

 

Roxanne LEGENDRE
Roxanne LEGENDRE - Fondatrice de PegaseBuzz
  • Comment vous est venue l’idée du sujet ?

RL : « Le but de ce reportage consiste à faire comprendre au public équestre la phase cruciale « d’entre-deux », entre la fin de carrière des chevaux de course et le moment où ils rejoignent leurs nouveaux propriétaires pour se destiner au sport et aux loisirs. Martial DELUMEAU l’explique très bien dans le reportage : les courses et l’équitation, ça n’a rien à voir, ce ne sont pas les mêmes codes. Ses explications sont intéressantes car elles permettent de mieux appréhender le travail de reconversion, sur le plan mental notamment, avec un conditionnement bien spécifique. »
 

  • Quel regard portez-vous sur la durée de reconversion d’un cheval de course et particulièrement sur la méthode de désensibilisation pratiquée par l’Etrier de Granlieu ?

RL : « Cette phase, qui s’étale en moyenne sur trois mois, est relativement courte. Un être humain désireux d’apprendre une nouvelle langue mettrait beaucoup plus de temps (rires) ! Bien sûr, chaque cheval est différent et a sa propre sensibilité. Martial prend le temps qu’il faut car il est primordial qu’il y ait une alchimie entre le futur propriétaire et le cheval. On crée un couple, pour un placement sur du long terme. Il n’y a donc pas de calendrier précis. Le fait que les chevaux soient dans une structure adaptée, avec des personnes convaincues de leur qualité, c’est déjà la moitié du travail de fait. Le cheval se sent compris et peut développer de nouvelles capacités. »
 

  • Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans la méthode de Martial DELUMEAU ?

RL : « Sa passion et son amour pour ses chevaux. Quand on connaît son histoire, on sait pourquoi il dédie sa vie à ces chevaux-là. Il ne peut pas les trahir… C’est vraiment beau comme relation. Martial a acquis beaucoup de connaissances grâce à son pur-sang et, de manière générale, chaque cheval qu’il façonne lui a permis de se perfectionner pour faire toujours mieux. »