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Lutte antidopage

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Avril 2026
Au sommaire
 
Edito

Nous sommes heureux de vous adresser ce premier numéro de notre newsletter trimestrielle dédiée à la lutte antidopage. L’objectif de cette nouvelle publication est de partager régulièrement l’actualité en matière de contrôle antidopage au sein de la filière hippique. 

Depuis plus de 50 ans, l’Institution des courses défend, à travers sa politique de lutte antidopage et de contrôle des médications, deux exigences aussi indissociables que fondamentales : assurer la bientraitance du cheval et garantir aux concurrents et aux parieurs la probité des compétitions.

Les chevaux de courses sont des athlètes à part entière qui, chaque jour, donnent le meilleur d'eux même sur nos 231 hippodromes. Ils sont entraînés et choyés par des professionnels qui ont choisi ce métier avant tout par amour du cheval et de la compétition. Ces deux dimensions ne s’opposent pas, bien au contraire : aucune logique de performance ou de rentabilité ne saurait justifier des pratiques contraires à l’éthique conduisant au dépassement des limites physiques d’un cheval. 

C’est le rôle de l’Institution d’édicter des règles qui assurent la régularité des courses et la protection de la santé et de l’intégrité physique des partants. Pour assurer leur respect, elle met en œuvre des moyens très importants dont témoignent les chiffres du contrôle antidopage 2025 qui vous sont présentés dans ce numéro et que nous aurons l’occasion de commenter dans la prochaine édition. 

L’année dernière, l’ensemble des procédures qui régissent la lutte antidopage ont reçu le label EQADE (Evaluation Qualité AntiDopage Equin) à la suite d’une démarche exigeante de certification menée par un tiers de confiance, l’APAVE. Nous vous expliquons le contenu de ce label et comment il apporte une garantie à toutes les étapes du contrôle antidopage en matière d’intégrité et d’impartialité.

Compte-tenu des enjeux considérables, et des modifications permanentes des pratiques de terrain, les Sociétés-mères du Trot et du Galop adaptent sans cesse leurs règlements et il est nécessaire pour les socio-professionnels et les vétérinaires praticiens de se tenir en permanence informés des évolutions. Vous trouverez dans cette édition un rappel des modifications intervenues dans les codes des courses de la SETF et de France Galop au cours de l’année 2025 ainsi qu’une synthèse des délais réglementaires à respecter avant une course en cas de traitement vétérinaire.

Car s’il est bien sûr indispensable de faire soigner un cheval malade ou blessé, les traitements administrés doivent l’être en totale transparence et dans le seul intérêt de l’animal. Seuls les chevaux en bonne santé peuvent participer à une épreuve. De ce fait, ils ne doivent receler dans leur organisme aucune substance prohibée dès lors qu’ils sont déclarés partants.

Le Laboratoire des Courses Hippiques (LCH) est l’élément central de notre dispositif de lutte antidopage. Grace à ses équipements et à son personnel à la pointe de l’innovation, il parvient à détecter un nombre toujours croissant de substances susceptibles d’améliorer artificiellement les performances des chevaux. Son objectif : rester dans la course vis-à-vis des fraudeurs. En 2025, il a par exemple permis la détection d’un dopant majeur, l’érythropoïétine humaine recombinante (rHuEPO).

Nous espérons que cette nouvelle publication répondra à vos attentes. N’hésitez pas à nous faire des retours via ce lien et à la partager à vos contacts qui pourraient être intéressés par ce sujet . Pour vous abonner, c’est ici

Hélène Bourguignon 
Chef du Service de Biologie Equine - FNCH

Contrôle antidopage : les chiffres de 2025


Nous reviendrons en détail sur ces chiffres dans la prochaine newsletter Lutte antidopage.  

En savoir +
Evolution récente des codes des courses au Trot et au Galop

La réglementation en matière de médication des chevaux de courses et de lutte antidopage évolue régulièrement afin de renforcer la protection des athlètes. Plusieurs changements concernant l'usage des traitements médicamenteux sont entrés en vigueur dans le code des courses au Trot et au Galop au cours de l'année écoulée. Petit rappel des nouvelles règles en vigueur : 


1 - Encadrement accru de l'utilisation du clenbutérol au Trot et au Galop  

Le clenbutérol est une substance active bêta agoniste préconisée dans le traitement des affections broncho pulmonaires chez le cheval en raison de ses effets notamment brochondilatateurs. Il est présent dans les médicaments vétérinaires tels que le Dilatérol®, l'Equipulmin® et le Ventipulmin®. Toutefois son utilisation peut être détournée pour favoriser le développement de la masse musculaire au détriment de la masse grasse. Les précautions encadrant son usage ont donc été renforcées dans le monde entier. En France, les codes des courses ont été modifiés en 2025 (le 31 mars au Galop et le 1er mai au Trot) et prévoient désormais les dispositions suivantes : 

A - Pour bénéficier d'un traitement au clenbutérol, le cheval doit avoir fait l'objet d'un diagnostic clinique de maladie des voies respiratoires établi par un vétérinaire.

B - Le traitement doit respecter les 5 règles suivantes : 
n°1 : Posologie reconnue pour un traitement bronchodilatateur ;
n°2 : Aucun cheval ne peut courir s’il a reçu un traitement au clenbutérol dans les 30 jours qui précèdent le jour de la course ;
n°3 : Un traitement au clenbutérol ne peut être administré plus de 14 jours consécutifs 
n°4 : Il n'est pas autorisé de réaliser plus de deux traitements au clenbutérol par période de six mois ;
n°5 : En cas de traitements successifs, un délai de 30 jours doit être respecté entre deux traitements. 


2 - Restrictions de l'utilisation des substances appartenant à la classe thérapeutique des bisphosphonates chez les trotteurs 

NB : Les seuls bisphosphonates ayant reçu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en France sont le Tildren® (acide tiludronique) et l'Osphos® (acide clodronique).

Les bisphosphonates sont des molécules utilisées pour inhiber la résorption osseuse (processus de destruction de l'os encore appelé ostéolyse). L'indication précisée dans les AMM est l'aide au traitement des boiteries associées à des processus ostéolytiques observés dans l'éparvin et le syndrome naviculaire. Toutefois, ils sont fréquemment prescrits par les vétérinaires dans le cadre de traitements de processus arthrosiques. Ces substances sont suspectées d'entraîner, lorsqu'elles sont administrées sur des jeunes chevaux en croissance, l'apparition de fragilités osseuses avec un risque potentiel de fractures. C'est pourquoi leur utilisation a été fortement encadrée chez les chevaux de courses ces dernières années. 

Au Trot, depuis le 24 avril 2025, aucun cheval âgé de moins de quatre ans et né après le 1er janvier 2025 ne peut participer à une épreuve encadrée par la SETF s’il a fait l’objet d’un traitement contenant une substance appartenant à la classe thérapeutique des bisphosphonates. Par ailleurs, aucun cheval âgé de quatre ans ou plus ne peut participer à une épreuve encadrée par la SETF s’il a fait l’objet d’un traitement contenant une substance de ce type dans les 30 jours précédant l'épreuve.

Pour rappel, l'administration des substances appartenant à la classe thérapeutique des bisphosphonates était déjà interdite depuis 2019 chez les galopeurs de moins de 4 ans et dans les 30 jours précédant une course pour les galopeurs de plus de 4 ans. A compter du 1er janvier 2027, il sera interdit d'administrer des bisphosphonates à un cheval de course au galop. 


3 - Allongement des délais d’attente après infiltration pour les galopeurs

Depuis le 1er janvier 2026, le délai d'attente avant course après infiltration a été accru comme suit : 

- Infiltrations  intra / péri -articulaires, -tendineuses, - ligamentaires, péri-osseuses, sous-cutanées, paravertébrales ou mésothérapie intradermique avec Glucocorticoïdes : 30 jours  

- Infiltrations intra/ péri -articulaires, -tendineuses, - ligamentaires, péri-osseuses, sous-cutanées, paravertébrales ou mésothérapie intradermique avec toute autre substance (exemple : substances biologiques, acide hyaluronique, ...) : 14 jours

Les frises ci-dessous récapitulent les délais à respecter avant une épreuve au Galop et au Trot : 
 
Sources :
Code des courses France Galop (Article 85) 
Code des courses SETF (Annexe X) 

SETF

Rappel des délais à respecter avant une épreuve

Traitements dont l'administration est réglementée par le code des courses au Trot

France Galop

Rappel des délais à respecter avant une épreuve

Traitements dont l'administration est réglementée par le code des courses au Galop

Label EQADE

Pour assurer l'intégrité des courses, les autorités hippiques ont créé et financent un outil d'analyse unique, le Laboratoire des Courses Hippiques (LCH). Il est accrédité par le COFRAC (Comité Français d'Accréditation), unique instance d'accréditation en France. En outre, il est l'un des cinq Laboratoires de référence de la Fédération Equestre Internationale (FEI) et figure parmi les six laboratoires mondiaux certifiés par l'International Federation of Horseracing Authorities (IFHA), ce qui témoigne de la reconnaissance internationale de son sérieux et de son expertise : seuls trois autres laboratoires au monde (Royaume-Uni, Hong Kong et Japon) possèdent ces deux habilitations. 

Pour aller plus loin et couvrir l'ensemble du processus - allant de l'acquisition des prélèvements à la publication des résultats - de lutte antidopage dans les courses françaises, la FNCH s'est engagée en 2025 avec un tiers indépendant de confiance, l'APAVE, dans une démarche volontaire et exigeante de certification. Ensemble, FNCH et APAVE ont créé un label baptisé "EQADE" (Evaluation Qualité AntiDopage Equin), valable 3 ans, dont l'objectif est de garantir la qualité, l'intégrité et l'impartialité de toutes les étapes. 

Concrètement, plus de 300 critères ont été identifiés, tant au niveau des processus transverses (gouvernance, gestion des ressources, services supports et d'information) que des processus opérationnels (contrôle et acquisition des prélèvements dans les écuries d'entrainement et sur les hippodromes, analyse du prélèvement au laboratoire, gestion des cas positifs et des autres cas...). L'ensemble de ces critères doit être passé en revue sur une période de 3 ans.

En juillet 2025, un premier audit portant sur un ensemble de contrôles réalisés à Thémis, le Siège de l’Institution des courses, sur plusieurs hippodromes et dans un centre d'entraînement a permis de valider la robustesse du système d'anonymisation et l'impartialité des contrôles et de la gestion des résultats. 95% des critères évalués ont été jugés conformes aux attentes, les autres ayant donné lieu à un plan de remédiation qui est en cours de mise en œuvre et sera contrôlé dans le cadre du prochain audit de surveillance annuel, ces audits annuels conditionnant le maintien du Label. L'APAVE a donc délivré le Label EQADE pour une durée de 3 ans.

Cette démarche a permis de valider la qualité des procédures en vigueur et de s'inscrire dans une démarche d'amélioration continue, pour toujours plus de vigilance et d’efficacité. 

En savoir +
Le LCH détecte un cas d’EPO

En janvier 2025, le Laboratoire des Courses Hippiques (LCH) a détecté la présence d’EPO recombinante humaine dans le prélèvement sanguin d’un cheval de course au Trot. Le Docteur Ludovic Bailly-Chouriberry, Directeur du LCH à Verrières-Le-Buisson (91), nous éclaire sur l’utilisation de cette substance et ses conséquences.

- Était-ce la première détection de ce type de substances sur un cheval ? 

Dr L.B.-C. : A l’échelle mondiale, le premier cas documenté de détection d’EPO sur un cheval remonte à 2006 aux Etats-Unis. En France, le LCH avait déjà mis en évidence de l’EPO sur un trotteur en 2009 ; il est également à l’origine de la première détection d’EPO en compétition équestre internationale d’endurance en 2016. Par ailleurs, il a confirmé la présence d’Erythropoïétines humaines recombinantes (rHuEPO) dans le cadre de plusieurs contre-expertises pour le compte d’autorités hippiques étrangères. 

- En quoi la détection des Erythropoïétines humaines recombinantes constitue-t-elle un challenge pour les laboratoires d’analyse ?

Dr L.B.-C. : Il faut rappeler à nos lecteurs que les Erythropoïétines humaines recombinantes sont au départ des médicaments utilisés chez l’humain pour traiter des anémies graves présentes notamment en cas d’insuffisance rénale chronique ou dans certains cancers. Elles servent à stimuler la production de globules rouges dans la moelle osseuse pour corriger l’anémie lorsque l’EPO endogène est déficiente. Cet effet peut être détourné de l’usage thérapeutique afin d’augmenter le transport d’oxygène dans le sang et ainsi améliorer les performances sportives.

D’un point de vue chimique, l’EPO est une protéine de structure complexe, que l’on nomme plus précisément une glycoprotéine. Cela signifie qu’elle est composée de deux éléments principaux : (1) une chaîne de 165 acides aminés (la partie protéique) qui influence sa stabilité et son activité sur laquelle sont fixés (2) des sucres ramifiés (les chaînes glucidiques) qui permettent à l’EPO de rester plus longtemps dans le sang et de fonctionner correctement. Il existe plusieurs EPO synthétiques qui diffèrent notamment par la structure de leur chaine glucidique, ce qui conditionne leur durée d’action et par conséquent leur durée de détection dans le corps. 

De par leurs propriétés physico-chimiques, les EPOs sont plus sensibles et plus complexes à détecter que d’autres molécules comme par exemples les corticoïdes, les diurétiques, voire les anabolisants. Les niveaux de concentration observés étant par ailleurs très faibles, leur détection s’avère particulièrement délicate. 

En pratique, nous utilisons dans un premier temps, pour tous les prélèvements de sang traités au laboratoire, une méthode de screening rapide, automatisée (jusqu’à 200 échantillons/jour), nommée ELISA, qui permet de détecter les EPOs entières. Dans un second temps, lorsqu’une détection est faite par la méthode ELISA, la confirmation de la présence des EPO est obtenue par la mise en évidence de marqueurs scientifiques validés correspondant de façon incontestable à des fragments de la chaine peptidique de l’EPO (notamment les peptides T6 et T17 ou T5 et T9). Cette méthode sensible et très spécifique permet de démontrer de manière formelle la présence d’EPO dans le prélèvement. 

- Quel est l’effet dopant de ce type de substances chez le cheval ? 

Dr L.B.-C. : L’EPO recombinante humaine est un dopant majeur chez le cheval qui fait partie des substances prohibées de catégorie II dans les Codes des courses en tant qu’agent stimulant l’érythropoïèse. En effet, son administration peut avoir une action sur la production de globules rouges, favorisant l’oxygénation des tissus et améliorant les performances, notamment pour les épreuves d’endurance ou d’efforts importants.

A noter qu’il est possible de trouver sur internet des produits dont le marketing joue volontairement sur l’ambiguïté et qui promettent des propriétés tout aussi exceptionnelles que farfelues. C’est le cas notamment du complément alimentaire dénommé EPO-Equine, Natural Blood Builder (photo). Après analyse par le LCH, ce produit contient principalement des vitamines et minéraux et absolument pas la moindre trace EPO (glycoprotéine). Administrer ce produit n’entrainera jamais de cas positif à l’EPO car il s’agit uniquement d’un complément alimentaire minéral vitaminé…
 


- Y-a-t-il des conséquences néfastes en cas d’administration Erythropoïétines humaines recombinantes chez l’animal ?

Dr L.B.-C. : Le danger principal chez le cheval réside dans le fait qu’il s’agit d’une administration dite hétérologue, c’est-à-dire d’une espèce à une autre. En d’autres termes, une EPO humaine injectée à un cheval peut entraîner des conséquences néfastes sur sa santé. Dans certains cas, la structure des protéines de l’EPO humaine sera reconnue comme étant étrangère à l’organisme de l’animal et le cheval pourra produire des anticorps dirigés afin de détruire ces EPO étrangères. Le problème est qu’il y a une homologie de séquence entre les deux EPOs. Par conséquent, les anticorps produits pourront être dirigés également contre l’EPO endogène du cheval. Cette action peut ainsi avoir pour conséquence de rendre inefficace la production naturelle de globules rouges par le cheval, ce qui représente un danger réel pour sa santé. 

Contrairement à l’homme, la quantité de globule circulants chez le cheval est très variable car ce dernier possède dans sa rate une grosse réserve d’hématies qu’il est capable de relarguer dans sa circulation sanguine. Le suivi de l’hématocrite (taux de globule rouge dans le sang), pratiqué chez les sportifs humains, est donc inefficace pour le suivi de l’administration d’EPO chez le cheval.

- Quelle a été la sanction pour l’entraîneur incriminé ?

Dr L.B.-C. : Compte-tenu de la nature de la substance qui ne peut résulter que d’une administration frauduleuse, la Société Mère du Trot a publié dans son bulletin officiel des sanctions lourdes : disqualification de la jument assortie d'une suspension pendant un an qui implique le remboursement des allocations perçues, suspension de l’autorisation d’entrainer et de monter en course pour l’entraineur d’un an et amende de 15 000€. 

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Avril - juin 2026

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