240 Hippodromes - Plus de 9 Milliards d'euros d'enjeux

74 000 Emplois directs et indirects

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Le contrôle antidopage : des moyens à la hauteur des enjeux

58 vétérinaires sont agréés par la FNCF pour réaliser les prélèvements biologiques sur l’ensemble des hippodromes dans le cadre du contrôle antidopage. Ils sont assistés dans leur mission par plus d’une centaine d’aides répartis sur toute la France. Ils effectuent ces prélèvements en respectant une procédure bien codifiée.


Le contrôle antidopage dans les courses hippiques, ou plus précisément le contrôle des médications des chevaux de courses, tient une place prépondérante dans l’organisation des courses hippiques en France.


En effet, l’enjeu est triple


  • la régularité des épreuves doit être assurée, car elles sont le support de plus de milliards d’euros de paris par an et aucun doute n’est permis quant à leurs résultats ;
  • l’athlète cheval doit être protégé et il n’est pas question de le faire courir, alors qu’il n’y est pas physiquement apte, que ce soit pour sa propre protection ou pour celle de son jockey ;
  • les courses étant le support de la sélection des chevaux pour l’élevage, le résultat doit bien être corrélé à la valeur intrinsèque du cheval entraîné et non à un quelconque artifice médical ou autre, le rendant plus performant.



Les courses de chevaux sont organisées juridiquement depuis 1891. Or dès le début, la préoccupation de la lutte contre le doping (terme de l’époque) est présente. Ainsi en 1903, la Société d’encouragement pour l’amélioration des races de chevaux en France prévoit, dans son code des courses, les dispositions suivantes : « Il est interdit d’administrer ou de faire administrer à un cheval le jour de la course et en vue de la course, un stimulant quelconque, que ce soit sous forme de pilules, par voie de piqûres ou tout autrement ». Aujourd’hui, ce principe du « tout est interdit en course » est toujours d’actualité et fonde toute l’organisation de la lutte contre le dopage. 



En course, tout est interdit



Comme nous l’avons vu, les principes fondamentaux reposent sur l’interdiction de la présence dans le cheval, au moment de la course et même de la déclaration de partant, de toute substance ou procédé susceptible de modifier un quelconque paramètre physiologique de ce cheval. Ainsi pour simplifier, hormis les antiparasitaires stricts, les vaccins agréés et la plupart des antibiotiques, tout est interdit. Ce principe bien que très sévère a le mérite d’être clair et applicable objectivement. En effet, il ne s’agit pas de contrôler quand et par qui une substance prohibée a été administrée et si elle a encore un effet dopant sur l’animal au moment de la course, mais de contrôler l’absence de toutes substances prohibées dans l’organisme du cheval, en l’occurrence dans l’urine et le sang. Il existe néanmoins des seuils de « positivité » pour les substances naturellement présentes dans l’organisme du cheval, dites « endogènes », comme les hormones secrétées physiologiquement, ainsi que pour les substances contenues dans l’alimentation « normale » du cheval. Pour les substances thérapeutiques autorisées chez le cheval, la sensibilité des tests est adaptée, afin de ne pas engendrer de cas positifs à des délais d’attente, au-delà desquels, aucun effet pharmacologique n’est possible. C’est pourquoi, en réalité il s’agit tout autant d’un contrôle des médications que d’un contrôle antidopage. Les chevaux de courses peuvent être malades ou blessés et donc nécessiter des soins. Les codes des courses au trot et au galop prévoient des dispositions spécifiques quand le cheval est à l’entraînement ou sorti provisoirement de l’entraînement pour une période de repos. L’usage de médicaments justifié par une prescription vétérinaire, hors substances strictement et en permanence interdites comme les anabolisants,  l’hormone de croissance, l’EPO, les transporteurs d’oxygène, …, est alors possible et ne sera pas sanctionné en cas de détection.

Les 30 839 prélèvements effectués durant l’année 2011 en France et dans les DOM-TOM ont tous été transmis au Laboratoire des Courses Hippiques (LCH) pour analyse. Seulement 0,23 % des prélèvements se sont avérés correspondre à des cas positifs, à l’issue de la procédure complète qui comprend obligatoirement deux analyses : la première réalisée par le LCH et la deuxième par un laboratoire désigné à l’étranger. Tous ces laboratoires sont accrédités par des organismes indépendants et sont testés en permanence.

Toutes les courses sont contrôlées



En effet, selon les principes évoqués, le cheval peut être contrôlé à tout moment de sa carrière et même tout au long de sa vie. Pour les réunions PRÉMIUM, les gagnants sont prélevés systématiquement, ainsi qu’un second cheval pris au hasard. Les cinq premiers des courses supports de paris Tiercé-Quarté-Quinté+ et plusieurs chevaux dans les courses de groupe le sont également. Pour les autres réunions, ce sont les commissaires des courses qui jugent la régularité des épreuves et désignent les chevaux à prélever. Ils demandent aussi des contrôles sur les chevaux ayant des performances ou des contreperformances inattendues. En 2011, 99.1% des réunions hippiques organisées en France ont été contrôlées ; cela représente  7 135 courses de galop pour 11 389 chevaux et 10 971 courses pour 14 716 chevaux de trot. 4 734 prélèvements en dehors des courses ont été également réalisés sur des chevaux à l’entraînement, en épreuves de qualification ou en sortie provisoire. Depuis 2009, un suivi longitudinal des 50 meilleurs trotteurs a été instauré : ces chevaux, sélectionnés sur leur gains obtenus l’année précédente, sont ainsi été systématiquement prélevés tous les mois durant  l’année, sans compter les prélèvements en courses en fonction de leurs résultats. 

Les cas positifs sont lourdement sanctionnés


Les codes des courses au trot et au galop prévoient de lourdes sanctions quand un cheval est confirmé positif. En courses, les chevaux sont systématiquement disqualifiés et perdent leur prix de courses et les allocations correspondantes. Selon les substances détectées, ils peuvent être interdits de courir pendant de longs mois.
Par ailleurs, l’entraîneur est toujours jugé responsable de la faute ou de la négligence, même s’il bénéficie de circonstances atténuantes ou qu’un phénomène de contamination externe est reconnu. Il peut se voir infliger une amende allant jusqu’à 15 000 euros, voire plus en cas de récidive. Il peut également faire l’objet d’un retrait de licence d’entraîner (avec sursis ou non) plus ou moins long en fonction de la substance retrouvée et des circonstances.

Des moyens humains et financiers extrêmement  importants


 labo2Les responsables de l’Institution des courses, conscients des enjeux, ont non seulement toujours eu la volonté politique de lutter contre le dopage, mais ils s’en sont donné les moyens et, années après années, ont intensifié les contrôles. Aujourd’hui, plus de 10 millions d’euros sont consacrés à la lutte contre le dopage ; c’est autant que les dépenses, dans le même domaine, de toutes les fédérations sportives réunies.

 









labo4Les moyens financiers sont importants, les moyens humains aussi. En effet, une centaine de personnes en équivalent temps plein sont employées pour lutter contre le dopage : il faut effectuer des prélèvements 365 jours par an et aux quatre coins de la France (244 hippodromes, plusieurs milliers d’entraîneurs), puis analyser et traiter tous ces prélèvements (plus de 30 000 chaque année avec les analyses de dépistage proposées aux professionnels quand ils ont un doute avant d’engager un cheval en course).
L’Institution des courses s’est dotée, depuis plusieurs dizaines d’années, de son propre laboratoire d’analyses : le Laboratoire des Courses Hippiques, qui est à la pointe de la recherche. Seuls cinq autres laboratoires dans le monde peuvent prétendre égaler le LCH. La Fédération Nationale des Courses Françaises (FNCF) qui est chargée de la gestion de la lutte contre le dopage, le pouvoir réglementaire et disciplinaire étant de la compétence des Sociétés Mères, a investi 6,5 millions d’euros pour construire et équiper un nouveau Laboratoire de 3 000 m2 à Verrières-le-Buisson. Cet outil de haute technologie est capable de rechercher sur chaque prélèvement des milliers de molécules, même à des concentrations très faibles. Chaque année, le LCH réalise plus de 40 000 analyses tous clients confondus, y compris de nombreuses analyses pour l’étranger.

Enfin la recherche n’est pas oubliée et chaque année 1,65 million d’euros lui sont consacrés. 

La lutte contre le dopage : une course de vitesse permanente devenue internationale


En France, la lutte contre le dopage dans les courses hippiques repose sur des principes stricts et rigoureux. De nombreux pays se sont inspirés du cadre juridique français même si certains ont, aujourd’hui encore, une philosophie nettement plus permissive.

Différentes instances internationales composées d’experts et de responsables des courses se réunissent régulièrement pour harmoniser les règles, partager les connaissances et les découvertes respectives. Ces échanges sont fondamentaux pour rester toujours en avance, ou plutôt le moins en retard possible, par rapport à l’imagination fertile de certains tricheurs et avoir les moyens de contrer les vraies fraudes. D’autant que le dopage va évoluer vers des techniques de plus en plus sophistiquées, telles que le dopage génétique.